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Assurance-crédit: L’Etat fait face à la frilosité des réassureurs

· Il met en place une assurance-crédit public complémentaire

· Le taux de sinistralité des réassureurs a atteint 97% en 2009



L’ETAT est déterminé à renforcer le dispositif de promotion des exportations, déclenché voilà plus d’un an dans le cadre de la stratégie de soutien aux entreprises exportatrices touchées par les effets de la crise. Le Comité de veille stratégique, qui s’est réuni mercredi dernier à Rabat, vient de signer une nouvelle glossary termConvention , visant à «donner de l’air» à ces entreprises pour préserver leur compétitivité, maintenir ou renforcer leurs parts de marché.
La réunion d’évaluation du Comité, en présence des représentants des ministères des Finances, du Commerce extérieur et de la Société marocaine de l’assurance à l’exportation (Smaex), en la personne de son PDG, Nezha Lahrichi, décide alors du renforcement du dispositif existant, par la mise en place d’une assurance crédit public complémentaire à l’assurance crédit commercial. Elle couvre le défaut de paiement d’un acheteur, sauf que c’est dans les mêmes conditions d’octroi que les crédits de base. Dans les détails, il s’agit d’un glossary termAvenant au contrat de base, liant déjà l’assuré à la Smaex, à la condition tout de même que la glossary termGarantie de l’assurance-crédit public complémentaire sera au maximum égale à la garantie accordée par la Smaex à l’exportateur. Ce qui, selon le PDG, va permettre à l’ glossary termAssureur à l’export de doubler ses garanties, «donc de mieux faire face aux risques de restrictions des réassureurs crédits». En clair, ce complément à l’assurance-crédit commercial est un dispositif post-crise, sachant qu’il y a reprise au niveau de nos partenaires commerciaux.
Deux constats procèdent de la volonté du Comité de veille stratégique de mettre en place ce dispositif. Le premier, selon les observateurs, est que la crise du crédit s’est traduite par la faillite de plusieurs entreprises à l’étranger, accentuant ainsi la sinistralité chez les réassureurs-crédit dont le taux a atteint 97% à fin 2009. «Ce qui a mis en mal les réassureurs, devenus plus frileux à l’idée de couvrir les pays dits à risque», commente Nezha Lahrichi (cf. notre entretien avec Nezha Lahrichi, L’Economiste du 1er février). Ainsi, pour pallier cette menace réelle et éviter en passant d’être homologué pays à risques, l’Etat a mis en place cette nouvelle assurance-crédit complémentaire, «de façon à compléter la palette d’outils de soutien aux exportations», souffle un cadre de Maroc Export. En tout cas, le renforcement du dispositif de promotion des exportations par une assurance-crédit public complémentaire rassurent les entreprises ciblées quant à la part des risques à l’export que les assureurs-crédit ne souhaitent plus garantir dans la conjoncture actuelle.
Le deuxième constat est que les assurés demandent de plus en plus des allongements de délais de paiement, faisant fi du principe même que l’assurance-crédit commercial est par définition de courte durée. Il n’empêche, la patronne de la Smaex voit dans leur démarche une volonté encore plus grande de rassurer leurs partenaires commerciaux. En ce sens, dit-elle, que «ces demandes de prolongations de délais sont des facteurs de compétitivité». En glossary termEffet , ces dispositifs de complément d’assurance-crédit public permettent aux exportateurs de bénéficier de garanties complémentaires sur leurs acheteurs. De toute évidence, «l’assurance-crédit à l’exportation joue un rôle économique majeur dans la mesure où elle protège les entreprises du risque de défaillance des clients auxquels elles ont accordés des délais de paiement, surtout que les longs délais sont considérés comme un facteur de compétitivité», insiste le PDG de la Smaex, qui est bien consciente que les entreprises marocaines n’utilisent pas assez l’assurance-crédit. L’idée de faire de 2010 l’année de renforcement des exportations, alors avancée par le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, poursuit son bonhomme de chemin. En attestent les dispositifs de promotion et de préservation de nos exportations, contre les effets de la crise, revus et corrigés en fonction de la conjoncture.
La nouvelle convention en date porte à 9 le nombre de décisions importantes prises dans ce sens depuis l’installation de ce comité en février 2009. Au-delà, l’Etat a décidé de maintenir jusqu’en juin prochain toutes les mesures déjà prises pour soutenir l’emploi et les exportations, en maintenant les facilités de financement aux entreprises. Certains y voient déjà la force des lobbies des entreprises exportatrices. D’autant plus, au besoin, l’assurance-crédit public complémentaire pourrait être reconduite par accord explicite entre les signataires.

Que vaut le Comité de veille?

C’EST un instrument de monitoring mis en place par le gouvernement pour faire face à la crise, dès ses premiers signes. A ce jour, le Comité a retenu un certain nombre de mesures visant surtout à préserver les emplois et renforcer la compétitivité des secteurs touchés. A ce jour, le secteur touristique a bénéficié d’un plan d’action, dit Cap 2009, de 400 millions de DH. Pour leur part, les MRE ont bénéficié de plusieurs mesures, dont une subvention étatique à hauteur de 10% du coût du projet de leurs investissements, en justifiant d’un apport en fonds propres en devises équivalent à 25% du capital total. De même, la gratuité des transferts d’argent effectués par l’intermédiaire des banques marocaines ou leurs réseaux à l’étranger et une baisse en juin 2009 de 50% de la commission de change appliquée à l’ensemble des transactions avec l’extérieur leur sont accordées.

Bachir THIAM - L'économiste - Edition du 19/2/2010

 

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