Une Entreprise
d’assurance peut-elle refuser d’assurer un risque automobile ?
La réponse est non. Les Entreprises d’assurances
sont tenues de garantir tout propriétaire de véhicule assujetti à l'obligation
d'assurance ….contre les risques de
Responsabilité Civile
(Art 128 du CDA).
La loi oblige aussi toute personne, dont la
responsabilité civile peut être engagée en raison des
Dommages corporels
ou
matériels causés à des
Tiers
par un véhicule terrestre à moteur, à être
couverte par une assurance souscrite auprès d'une entreprise d'assurances» (Art 120 du CDA).
Cette
obligation dont la sanction peut coûter une amande à l’assuré et le retrait de l’agrément
à l’
Assureur
, est renforcée par d’autres mesures, notamment :
- En
cours d’assurance, l’assureur ne peut résilier pour
Sinistre
un contrat automobile(Art 26 § 2 du CDA). Même si ce dernier
a enregistré des résultats déficitaires, l’assuré doit pouvoir disposer de la
couverture jusqu’à l’échéance de sa police.
- L’assureur
automobile ne doit pas, non plus, permettre à l’assuré de suspendre son contrat.
La
Garantie
ne doit pas être interrompue même si le véhicule est immobilisé pour
quelque cause que ce soit.
Toutes ces mesures ont
pour but d’empêcher que l’assuré ne se retrouve en cours d’assurance, sans
couverture et les victimes d’
Accident
de la circulation sans indemnisation.
Pour les assureurs, par
contre, ces contraintes peuvent peser lourd sur l’équilibre de leur
portefeuille. En
Effet
, pour équilibrer leurs résultats, protéger
leur mutualité, réduire le coût des sinistres et rester compétitifs, les
assureurs ont souvent recours à la sélection
des risques. En automobile, cette sélection, s’opère généralement au
moyen de la
Résiliation
à l'échéance
annuelle (article 6 du CDA).
Cependant, si cette
mesure permet à l’assureur de se débarrasser d’un mauvais assuré, elle n’est que
momentanée, puisque rien n’interdit à ce dernier de s’assurer à nouveau chez le
même assureur.
En assurance automobile,
la consultation de la banque de données de
C'est sur la base de ces informations fondamentales que l'assureur appréciera le risque dont il devra supporter les conséquences ainsi que la tarification qui en découlera.
Toute fausse déclaration des antécédents peut entraîner la rupture du contrat avec le plus fréquemment des dommages et intérêts au profit de l'assureur." class="Tips2 glossarbot" style="cursor:help;border-bottom:1px dotted #000000;">
Antécédents
de l’assuré ainsi que son Coefficient
de Réduction - Majoration. Un assuré qui se présente avec un taux de CRM de
150%, pourra-t-il se voir opposer un refus d’assurance ?
La réponse cette fois-ci
est oui… mais !
Oui, le
Code des Assurances
a introduit une nouveauté dans ce sens en distinguant
entre refuser d’assurer et opposer un refus.
Si l’alinéa 1 de l’article 120 du Code
des Assurances impose une obligation d’assurance, l’alinéa 2 du même article
apporte une souplesse : « toute
personne assujettie à l’obligation
d'assurance qui se voit opposer un refus de la part d'une entreprise
d'assurances, peut saisir l'administration qui fixe le montant de la prime
moyennant laquelle l'entreprise d'assurances concernée est tenue de garantir le
risque qui lui a été proposé.»
En d’autres termes, il y a obligation d’assurance et
il est possible d’opposer un refus pour un risque dont la prime est jugée
insuffisante.
Mais, bien que le texte
existe, aucun dispositif réglementaire n’est prévu pour l’appliquer.
Quant peut-on
refuser ? Comment opposer un refus ? Quelle procédure à suivre en cas
de refus ? Beaucoup de questions, mais aucune réponse.
En France un système
identique plus complet et plus précis a été mis en place depuis 1994 :
Ce système est précisé
par l’article L212-1
du code des assurances français : « Toute personne assujettie à
l'obligation d'assurance qui, ayant sollicité la souscription d'un contrat
auprès d'une entreprise d'assurance couvrant les risques de responsabilité
civile résultant de l'emploi de véhicules terrestres à moteur, se voit opposer
un refus, peut saisir un bureau central de tarification»
Ce Bureau Central de Tarification a
pour rôle exclusif de fixer le montant de la prime. La procédure est simple : lorsque
le refus est confirmé (le silence de l’assureur pendant 10 jours équivaut à un
refus), l’assuré doit adressé au BCT un relevé d’information (CRM) accompagné
de la lettre de refus de l’entreprise d’assurance. Le BCT a 10 jours pour
notifier sa décision à l’assureur. Ce dernier est alors tenu de garantir le
risque qui lui a été proposé.
Lorsque nous aurons chez nous un dispositif similaire,
nous pourrons à ce moment là, refuser un risque automobile.
Chafik
BENHAYOUN
Direction
Soutien Réseau
Wafaassurance





