Une offre publique de retrait sera ouverte entre le 19 janvier et le 13 février prochain. A 350 dirhams, soit une prime de 75%, le prix de l'OPR devrait inciter les petits porteurs à se retirer du capital flottant de la compagnie d'assurance.
Décidément, on doit bientôt compter une entreprise de moins sur la scène boursière suite au retrait volontaire de la Marocaine Vie. La compagnie d'assurance du groupe Société générale vient de recevoir le visa du CDVM entérinant cette décision. Mais bien avant de déménager, l'initiateur de la démarche, en l'occurrence la SGMB et la SOGECAP, toutes deux filiales du groupe français Société générale, qui détiennent aujourd'hui 87% du capital doivent, selon la loi du marché, proposer aux détenteurs des actions flottantes de les leur acheter, et ce dans le cadre d'une Offre publique de retrait (OPR). C'est cette dernière qui a reçu hier matin le feu vert du gendarme. Le prix de l'action retenu pour cette opération est de 350 DH. Il dépasse ainsi de 75% celui évalué par l'
Expert
de la compagnie et de 80% les niveaux de cours constatés avant l'annonce de l'opération. Sachant que l'action valait 333 DH à la clôture hier sur le marché central. En proposant 350 DH, les actionnaires majoritaires souhaitent ainsi préserver les intérêts des actionnaires minoritaires.
L'OPR, qui porte sur 237.555 actions, soit 12,93% du capital, sera ouverte le 19 janvier et il est prévu à ce qu'elle soit clôturée le 13 février prochain. Le montant global de l'opération s'élève à 83 millions de DH et s'il reste encore des actions non présentées à l'OPR, la pratique des offres publiques stipule que les sociétés offreuses peuvent la faire suivre d'une offre de retrait obligatoire. « Il n'y aura pas de changements significatifs relatifs à la stratégie de développement de la Marocaine vie », rassurent les actionnaires majoritaires selon la note d'information visée par le gendarme boursier.
En décidant de se retirer de la cote, les actionnaires de la Marocaine Vie apportent une réponse à l'échec du projet de rapprochement avec la Banque centrale populaire. Le groupe français a estimé qu'il n'y a pas de raisons valables à ce que la compagnie soit encore présente sur la liste des sociétés cotées au Masi. D'abord parce que leur politique de mise en réserve des résultats n'est pas souvent bien appréciée par les petits porteurs. Ensuite, ils veulent de la sorte contourner le développement de la bancassurance au seul périmètre de consolidation du groupe. Maintenant, d'un point de vue boursier, après Fertima, l'
Effet
psychologique du retrait de la Marocaine Vie ne peut être co ntrebalancé qu'avec de nouvelles introductions.
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De lourdes pertes au passif
Le fait que le chiffre d'affaires a augmenté de 10% entre les deux premiers semestres des années 2007 et 2008 n'a pas empêché la Marocaine Vie d'afficher un résultat net déficitaire impacté par un niveau élevé de provisions. En dépit de la croissance de l'activité, le résultat brut d'exploitation s'est replié de 94% au 30 juin 2008. Cette contre-performance est consécutive au recul du résultat technique prévoyance, laquelle est due à l'impact important de la charge de provisions mathématiques sur les contrats décès emprunteurs à prime unique adossés à des crédits à la consommation dont la commercialisation est arrêtée depuis juillet 2008. La rétractation de la BCP dans la prise de participation de La Marocaine-Vie a affecté les prévisions de croissance exponentielle sur lesquelles tablait la compagnie d'assurance. Pour se reprendre, la filiale du Groupe Société Générale devrait, selon les analystes de BMCE Capital, chercher à former d'autres partenariats avec des banques de la place afin de conforter son positionnement dans la branche Vie (3ème position) tout en se développant dans le créneau de la Non Vie, ce dernier pouvant constituer un véritable fonds d'activité pour la compagnie.
Par Wadie El Mouden | LE MATIN Publié le : 15.01.2009





